Un polymorphisme de p53 favorable à la longévité

La protéine p53 a été largement étudiée en cours des dernières décennies pour son rôle prépondérant dans le développement de cancers. Bien qu’elle impacte la durée de vie de l’Homme à travers son mécanisme anti-tumoral, son lien direct avec le vieillissement et la longévité est loin d’être parfaitement compris. Une étude récente parue dans eLife [1] s’est penchée sur le sujet en étudiant un polymorphisme du gène codant pour p53 afin de comprendre son influence sur la longévité et les mécanismes qui y sont associés.

On sait depuis longtemps que l’expression du gène muté codant pour p53 modifie la fonction de la protéine, avec des conséquences parfois contradictoires en terme de longévité [2]. De plus, le gène codant pour p53 présente, chez l’Homme, un polymorphisme commun au niveau de son codon 72, induisant l’expression soit d’une proline (P72) soit d’une arginine (R72). Différentes études épidémiologiques sur ce polymorphisme et son association avec la durée de vie d’individus ont permis de mettre en avant le fait que l’allèle P72 augmente le risque de cancers prématurés mais est favorable à la longévité. Au contraire, l’allèle R72 protégerait mieux contre le développement de cancer mais n’a pas d’effet positif sur la longévité [3].

Une étude expérimentale in vivo du polymorphisme

Long Long Life polymorphisme p53
Long Long Life polymorphisme p53

Jusqu’à récemment, très peu, voire aucune étude expérimentale sur ce polymorphisme n’avait été faite. Mais dans cette nouvelle étude, des expériences ont été menées sur des souris génétiquement modifiées pour porter le gène humain. Les résultats ont montré que l’allèle P72 avait une activité anti-tumorale plus faible, mais les souris qui ne développaient pas de cancer présentaient une durée de vie supérieure aux souris porteuses de l’autre polymorphisme. Elles arborent aussi un phénotype lié à l’âge plus tardivement que les autres souris. Les chercheurs pensent que ceci est lié aux capacités fonctionnelles et d’auto-renouvellement des cellules souches, cruciales pour lutter contre le vieillissement, qui sont meilleures chez ces souris [2].

Les analyses expérimentales sur la souris montrent des résultats similaires aux données extraites des études épidémiologiques effectuées chez l’Homme. Cela consolide l’idée que ce polymorphisme joue un rôle dans la longévité. De plus, il a été conservé au cours de l’évolution, suggérant son association avec la pérennité de l’Homme. Enfin, cette expérience apporte des preuves génétiques que le polymorphisme du codon 72 du gène humain codant pour p53 influence la longévité in vivo.

Anne Fischer

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Anne is studying medicine science at the Institute of Pharmaceutical and Biological Science in Lyon and she has graduated with a Bachelor’s degree in molecular and cellular biology at the University of Strasbourg.

More about the Long Long Life team

Anne étudie les sciences du médicament à l’Institut des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lyon. Elle est titulaire d’une licence en biologie moléculaire et cellulaire de l’Université de Strasbourg.

En savoir plus sur l’équipe de Long Long Life

Références :

[1] Zhao et al. eLife 2018;7:e34701. DOI: https://doi.org/10.7554/eLife.34701.

[2] Peter L.J. de Keizer, Rémi‐Martin Laberge and Judith Campisi, p53: Pro‐aging or pro‐longevity? AGING, July 2010, Vol.2 No.7.

[3] Zhaohui Feng, Meihua Lin, and Rui Wu, The Regulation of Aging and Longevity: A New and Complex Role of p53, Genes & Cancer / vol 2 no 4 (2011).

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