Hormone de croissance : un anti-âge gagnant pour les femmes

L’hormone de croissance (hGH) est une molécule synthétisée par le corps, essentielle pour la croissance et le développement humain. L’hGH stimule notamment la sécrétion, par le foie, de l’IGF (Insulin-like Growth Factor), nécessaire à la croissance du cartilage et la prolifération cellulaire [1]. Des altérations de l’hormone de croissance ou de sa voie de signalisation entraînent de multiples pathologies [2]. Néanmoins, la diminution du dialogue entre l’hGH et le récepteur à l’IGF-1 (aussi noté IGF-1R pour Insulin-like Growth Hormone 1 Receptor) à un âge avancé, et particulièrement chez le sexe féminin, semble être associée avec l’augmentation de la longévité. En effet, il a été montré que la diminution du signal cellulaire passant par ces deux protéines améliorait la longévité de nombreux organismes [3] et qu’une mutation du récepteur à l’IGF chez les souris femelles allongeait leur durée de vie [4].

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Ces observations sur les modèles animaux ont provoqué des interrogations chez les scientifiques quant à l’effet de la signalisation hGH/IGF-1R sur la longévité humaine. La découverte de mutations dans le gène de IGF-1R chez des individus ayant une longévité exceptionnelle [5], et l’allongement de la durée de vie en bonne santé de nonagénaires porteurs de mutations du gène de IGF-1R [3], corrèlent avec les résultats d’expériences sur les modèles animaux. Dans ces deux études, la diminution de la signalisation de cette voie ne touche et ne bénéficie que les femmes. Aux vues des conséquences positives de ce phénomène sur la longévité, de nouvelles stratégies thérapeutiques sont actuellement à l’étude. C’est le cas des anticorps monoclonaux dirigés contre IGF-1R qui empêchent la liaison de l’hormone de croissance à son récepteur, perturbant ainsi le signal.

Cibler la voie de l’hormone de croissance : une étude pionnière

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C’est ce modèle thérapeutique qu’une équipe américaine de chercheurs a étudiée récemment. Pour leur étude [6] publiée dans Nature Communication, les scientifiques ont administrés de façon chronique un anticorps monoclonal dirigé contre IGF-1R chez des souris femelles et des souris mâles, provoquant le retardement du vieillissement des souris femelles. L’anticorps utilisé a été conçu spécialement pour le modèle murin et est sélectif de IGF-1R. Les analyses ont montré de bons résultats et une bonne tolérance au traitement, même lorsque le traitement a été administré après l’âge de 18 mois (souris âgées) [6]. En corrélation avec les études précédentes, le traitement a montré de meilleurs bénéfices chez les femelles puisqu’il a augmenté de 9 % leur durée de vie. Empêcher la signalisation de cette voie a aussi permis d’améliorer la fonction cardiaque, et de diminuer les tumeurs et l’inflammation des souris femelles [6]. Une fois de plus, la diminution de la signalisation de la voie de l’hGH a été associée avec la longévité chez les mammifères femelles, mais l’étude a surtout permis de montrer que les anticorps monoclonaux dirigés contre IGF-1R ont retardé le vieillissement par un traitement chronique et chez des souris âgées [6].

Les preuves sont de plus en plus nombreuses quant à l’intérêt de cibler la voie de hGH à un âge avancé pour son impact positif sur la longévité. Les résultats observés chez les souris suggèrent premièrement que les effets peuvent être atteint à un âge avancé et que, deuxièmement, les anticorps monoclonaux dirigés contre IGF-1R pourraient devenir un moyen thérapeutique de retarder le vieillissement. Ces résultats se distinguent également car ils montrent un cas unique où la modulation d’une fonction cellulaire pour la durée de vie en bonne santé et la longévité ne bénéficie que les femelles. Cette observation nous rappelle l’importance de considérer les différences entre les sexes dans la recherche contre le vieillissement pour développer des traitement plus performants.

Anne Fischer

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Anne is studying medicine science at the Institute of Pharmaceutical and Biological Science in Lyon and she has graduated with a Bachelor’s degree in molecular and cellular biology at the University of Strasbourg.

More about the Long Long Life team

Anne étudie les sciences du médicament à l’Institut des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lyon. Elle est titulaire d’une licence en biologie moléculaire et cellulaire de l’Université de Strasbourg.

En savoir plus sur l’équipe de Long Long Life

Références :

[1] Andrew J. Brooks and Michael J. Waters. The growth hormone receptor: mechanism of activation and clinical implications, nature reviews, endocrinology volume 6, september 2010, 515-525.

[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Growth_hormone

[3] Sofiya Milman, Gil Atzmon, Derek M. Huffman, Junxiang Wan, Jill P. Crandall, Pinchas Cohen and Nir Barzilai. Low insulin-like growth factor-1 level predicts survival in humans with exceptional longevity, Aging Cell (2014) 13, pp769–771 Doi:10.1111/acel.12213

[4] Martin Holzenberger, Joëlle Dupont, Bertrand Ducos, Patricia Leneuve, Alain Géloën, Patrick C. Even, Pascale Cervera & Yves Le Bouc. IGF-1 receptor regulates lifespan and resistance to oxidative stress in mice, NATURE | VOL 421 | 9 JANUARY 2003

[5] Suh et al. Functionally significant insulin-like growth factor I receptor mutations in centenarians, PNAS  March 4, 2008 vol. 105 no. 9, 3438–3442.

[6] Kai Mao, Gabriela Farias Quipildor, Tahmineh Tabrizian, Ardijana Novaj, Fangxia Guan, Ryan O. Walters, Fabien Delahaye, Gene B. Hubbard, Yuji Ikeno, Keisuke Ejima, Peng Li, David B. Allison, Hossein Salimi-Moosavi, Pedro J. Beltran, Pinchas Cohen, Nir Barzilai & Derek M. Huffman. Late-life targeting of the IGF-1 receptor improves healthspan and lifespan in female mice, NATURE COMMUNICATIONS | (2018) 9:2394 | DOI: 10.1038/s41467-018-04805-5.

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